sommaire du dossier :
télécharger ce texte : [rtf] [html]


Brève note historique du Mouvement des Sans-terre

Le Mouvement des Sans-terre (MST) est née à la fin des années 70, à la suite du travail politique réalisé par des groupes de l'église catholique se réclamant de la Théologie de la libération. De 1979 à 1980, les quelques luttes importantes dans les campagnes restent isolées : des travailleurs sans terre occupent des grandes propriétés dans l'État du Rio Grande do Sul ; des centaines de paysans sont expulsés de la réserve indigène de Nonoai ; le mouvement Terre et Justice naît au Paranà, mobilisant les travailleurs délogés par la construction du barrage de Itaipu. Des occupations de terres ont lieu dans les États de Santa Catarina, Sao Paulo et Mato Grosso. Tous ces mouvements eurent sa place dans le processus de création du MST. En juillet 1982, a lieu la première rencontre de travailleurs ruraux sans terre du Sud, Sud-est et Centre-ouest du Brésil. En Septembre de la même année, des représentants de 16 États sont présents dans lors de la rencontre nationale. En 1983, les occupations se multiplient et les organisations de base se renforcent. En 1984, a finalement lieu la première rencontre nationale du Mouvement des sans-terre. C'est sa date de naissance officielle. Lors du premier Congrès national, en 1985, l'Église catholique perd la direction du mouvement au profit d'une alliance des courants maoïstes avec la social-démocratie. Une structure hiérarchique et centralisée remplace l'ancienne organisation assembléiste. À partir de cette date, le MST se développera selon ces principes d'organisation ; les revendications et formes de lutte s'adaptent à la nouvelle ligne politique. Aujourd'hui, le chef de l'organisation est Joao Pedro Stedile (maoïste). Parmi les autres figures de premier plan, on trouve Gilmar Mauro, Jaime Amorim, José Rainha (social-démocrate) et Ademar Bogo (idéologue et militant maoïste).


Aujourd'hui, le culte du MST est en passe de remplacer la fascination pour le sous-commandant Marcos et le EZLN. Les chefs du MST, marxistes-léninistes et social-démocrate dans leur presque totalité, ont tenu le devant de la scène lors de la réunion anti-mondialisation de Porto Alegre ; leurs thèses sont souvent reprises par ATTAC, Le Monde diplomatique, et autres publications de la vieille gauche ravalée. Le texte qu'on va lire est l'expression d'une voix à contre courant, venue du Nordeste brésilien, d'une minorité radicale à l'intérieur et à l'extérieur du MST qui s'est radicalisée jusqu'à critiquer ses conceptions avant-gardistes. Il révèle la politique autoritaire, les projets capitalistes et étatiques des dirigeants du MST, et met en évidence le caractère hyper-bureaucratique et élitiste de l'organisation, son patriotisme économique acharné, son machisme, son idéologie productiviste et ses conséquences fâcheuses pour l'environement. Comme le disent les rédacteurs : "Le MST, c'est du spectacle : reproduction du travail salarié, production de marchandises, hierarchies et séparations". Le texte souligne également le caractère capitaliste de la réforme agraire menée par l'État brésilien, qui contrôle, via techniciens et financements, l'activité dans les terres occupées. Cette politique d'État est d'ailleurs menée en collaboration avec les syndicats et la direction du MST, conduisant à la démobilisation du profond mouvement de révolte du prolétariat rural, et transformantles ocupations en bidonvilles ruraux. À la suite de la publication de ce texte, une rencontre s'est réalisée à Fortaleza, fin février-début mars 2001, qui a regroupé une centaine d'individus et groupes de la gauche dite autonome et libertaire du Nord et du Nordeste, dont certains sont actifs dans les occupations de terres et de bâtiments. La rencontre avait pour but la création d'un réseau de contacts, d'information et de débat politique. Le collectif autonome de l'occupation Acarape vient également de diffuser un long dossier qui fait le bilan de leur lutte.
On peut contacter le réseau des groupes autonomes brésiliens sur Internet :
[ligatra@baydenet.com.br] [contraacorrente@hotmail.com].



Dossiers

  • guerre et conflit moderne
  • lutte mondiale &
    rupture de l'économie


  • Yougoslavie
    guerre et mystification


  • Los-Angeles 1992


  • retour au reposito