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note :
1 Texte présenté,
en mai 2000,
dans la rencontre organisée au Céara (Brésil) par le
Comité de solidarité
avec les communautés zapatistes.
Le résumé des passages non traduites se trouve en caractère
gras.
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Les luttes paysannes et le Mouvement des Sans-terre au Brésil
Parcours d'un collectif autonome
(par Maxwell Teixeira de Paula)
Ce texte s'adresse 1 à tous les collectifs et individus qui se revendiquent de l'auto-organisation des exploités et opprimés. Son contenu risque de susciter des polémiques, dans la mesure où il avance des critiques radicales - parfois inattendues - sur les luttes menées dans les campagnes du Brésil.
Le but de cette réflexion est d'inciter les mouvements sociaux urbains à structurer une position critique et pratique sur la question agraire, dépassant les attitudes contemplatives. Il s'inscrit en faux contre l'idée communément acceptée selon laquelle la seule attitude possible consiste à appuyer les organisations et les luttes qui existent aujourd'hui dans les campagnes. Il ne s'agit pas seulement de corriger des équivoques, mais de contribuer à ouvrir une perspective fondamentalement différente de celle du réformisme mesquin qui domine. Il s'agit de mettre en avant une autre vision du monde, une autre praxis, née d'expériences certes douloureuses, frustrantes et difficiles, mais qui témoigne aussi de beaucoup de force de volonté et de résistance.
Le collectif " autonome "
Quand on parle des luttes dans la campagne brésilienne, on pense immédiatement au Mouvement des Sans-terre (MST). En général, on identifie le MST à la force de gauche la plus radicale, voire la seule, dans les campagnes. Évidemment, usant de son image politique et idéologique, le MST est le premier à renforcer cette " fausse conscience ". Le but recherché est que ses militants de base et le reste de la société, prennent pour acquis que le MST est ce qu'il y a de " meilleur dans la lutte pour la réforme agraire ". On le verra plus loin, ceci est vrai pour peu qu'on se limite aux luttes radicalisées mais soumises à la logique de marché.
Nous décrivons ici la trajectoire indépendante de notre Collectif, expérience distincte non seulement du MST, mais aussi d'autres tendances politiques qui ont réussi à s'imposer dans la campagne, dépassant le mur de la suprématie et du silence bâti par le MST. Ces forces se présentent comme des alternatives politiques au MST, que ce soit sur sa droite ou sa gauche. Les critiques que notre Collectif fait au MST et à la CUT (Centrale Unique des Travailleurs, courroie de transmission du Parti des travailleurs) ne sont pas le fruit d'une " théorisation rationnelle ", mais d'un vécu et d'une expérience pratique.
[Le Collectif est composé d'individus ayant partagé une expérience de lutte commune de 14 ans. À l'origine, la plupart des membres du Collectif étaient des paysans de la région du Sertao Central, politiquement actifs dans le Parti des travailleurs (PT) et dans la Commission pastorale de la terre (CPT), liée à l'Église catholique. Leurs premières luttes furent menées sur les problèmes de sécheresse. Dans les années 1986 et 1987, ils participèrent au pillage des magasins du Gouvernement Fédéral. À l'époque, ils ne se connaissaient pas entre eux, ils vivaient dans des endroits différents, participant à des luttes isolées les unes des autres. Ce n'est qu'en 1988 que ces militants vont se regrouper. À ce moment, certains migrent vers la ville de Fortaleza, d'autres restent dans le Sertao. Plus tard, ils retournent à la campagne, profitant d'une initiative locale (liée à l'Église) qui incite des habitants des bidonvilles à participer à une occupation communautaire de terres, dans la région de Acarape (voir plus loin). La plupart des membres du Collectif, tout en ayant des contacts avec le MST, étaient alors militants d'un groupe d'origine marxiste-léniniste, le Parti de la libération prolétarienne (PLP), (qui exista de 1989 à 1994).]
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