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L'ENJEU STRATEGIQUE ET ECONOMIQUE d'une intervention en Afghanistan est indéniable, du pétrole et du gaz; des influences et compétition d'influence entre la Russie, la Chine, l'Inde et les USA; de l'Afghanistan à l'Arabie Saoudite (le vrai objectif de Ben Laden et consor) c'est l'enjeu de la maitrise de matières premières indispensables au dévellopement du capital qui se dessine.
La guerre que nous voyons et subissons partout dans ce monde est une guerre perpétuelle. C'est la guerre du Capital, celle qui nous fait plier sous la contrainte du travail esclavagiste, celle qui ne voit que les impératifs de la Production, celle qui tend les rapports sociaux, celle qui nous atomise tous et toutes.
Des zones franches d'Amériques centrales aux zones économiques spéciales chinoises, des zones industrielles sinistrées en Europe aux ghettos urbains américains, des pays ravagés par le Capitalisme d'Etat aux anciennes colonies africaines devenues "sous-régions"... partout la guerre du Capital fait rage.
L'intervention au Panama, le plan Colombie, la guerre du Golfe; la guerre des Balkans, du Kosovo, en Afghanistan aujourd'hui, etc, ne sont que des moments de réchauffements et d'offensive militaire de cette guerre. La construction d'un ennemi, toujours de plus en plus dangereux et vil, est savamment organisée. Ben Laden, gourou sorti du chapeau, et l'Afghanistan, endroit complètement ravagé et sous-urbanisé, sont le dernier théâtre de cette grande mascarade. Qui pense encore à la quatrième armée du monde ? Qui a cru que Noriega était devenu un méchant dealer d'un seul coup ? Qui croira à l'éradication des cartels en Colombie lors d'une prochaine intervention de police mondiale ?
Ce conflit implique également la militarisation de la gestion des conflits sociaux : Vigipirate, les capacités de fouilles étendues, la simplification des extraditions, l'usage des techniques modernes à des fins d'identification et de contrôle intensifié, la démultiplication du flicage des lieux publics, sont autant de mesures qui visent essentiellement les plus larges couches de la population. L'offensive militaire extérieure est avant tout idéologique. Des discours du "Bien contre le Mal" à la glorification de la civilisation occidentale, tout ceci permet de justifier des opérations qui n'ont pour but que de remettre au pas des régions qui ne sont manifestement pas assez contrôlées. La concurrence entre diverses factions capitalistes y est aussi pour beaucoup. Tout comme les puissances occidentales, Ben Laden et toutes les bourgeoisies arabes n'ont qu'une seule ambition : étendre leur propre capital. En dernière analyse, toutes ces mesures, comme tous les discours et toutes les déclarations dont les médias nous abreuvent jusqu'à la nausée, sont destinées à entretenir l'illusion que sans le sang-froid et l'abnégation de nos bien-aimés dirigeants, leurs polices, leurs armées, leurs espions, leurs légistes, leurs diplomates et leurs bureaucraties, nous nous enfoncerions, livrés à nous-mêmes dans la barbarie.
Or, c'est de tout le contraire qu'il s'agit : toutes ces institutions ne sont là que pour perpétuer la barbarie, celle des rapports de production capitalistes.
Pour les prolétaires d'ici et d'ailleurs, il n'y a aucun intérêt à choisir un camp plutôt qu'un autre. C'est contre les dirigeants locaux qu'il faut se battre. De la même façon que les Etats occidentaux reprennent la main sur certaines régions, ils organisent l'offensive ici aussi. En s'attaquant aux spectres des ghettos sociaux (vigipirate est l'application du discours sécuritaire sur les banlieues) d'abord, en restructurant à nouveau le monde du travail (licenciements massifs, grèves lockoutées...) ensuite.
Partout il est nécessaire, là où c'est possible, de transformer cette guerre larvée -où la violence produite est avant tout destructrice pour l'ensemble du prolétariat par les divisions et les illusions qu'elle engendre- en lutte sociale démasquant les vrais ennemis. Lutter contre toutes les formes d'exploitation, sur les lieux de travail, sur les lieux des administrations temple de l'humiliation, de la soumission, de la collaboration; reprendre l'espace public, la rue. Lutter sans se laisser intimider par tous les flics sociaux, vigiles, cognes et autres troufions, sans se laisser embrigader dans les appareils représentatifs (partis, syndicats, associations citoyennes).
La riposte à notre misère et notre aliénation ne s'est jamais trouvée et ne se trouvera jamais dans le nationalisme, le religieux, la violence aveugle ou l'idéologie de la démocratie, qui ne sont que des leurres par lesquels se perpétuent la domination et l'exploitation. En Palestine, en Europe, au Proche-Orient, aux Etats-Unis et partout ailleurs, il n'y a qu'un seul combat à mener: celui de tous les prolétaires contre toutes leurs exploitations (capitalisme, Etat, religionÖ).
Renouer des solidarités, se trouver des perspectives d'émancipation, pour sortir du marasme et de la morosité de ce monde, transformer la guerre du capital en guerre sociale !
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