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De l'idéologie de la paix universelle à la réalité de la guerre universelle
" PLUS JAMAIS CA ". C'est ce que promettaient les gouvernements de la planète au sortir de la 2e guerre mondiale, après les camps de concentration et Hiroshima. On nous annonçait une ère de paix et de prospérité devant se concrétiser, en Europe, par la construction d'une vaste communauté économique et politiqueÖFoutaises !
Le jour de la libération, l'armée française bombardait l'Algérie. Et depuis cette date, le monde a été le théâtre de guerres incessantes qui, à elles toutes, ont provoqué plus de morts que le second conflit mondial. La liste pourrait s'allonger à l'infini. Pour la seule décennie 90 : dans les Balkans, après le Kosovo, la Macédoine; en Palestine, plus d'un millier de morts depuis la 2nd Intifada; en Tchétchénie; en Afrique, où les conflits deviennent de véritables guerres régionales, engageant plusieurs Etats; en Extrême-Orient, guerres internes comme en Birmanie ou au Cambodge; dans les sous-continent indien, menace d'affrontement entre l'Inde et le Pakistan, tous deux puissances nucléaires; en Amérique latine, où la "guerre contre la drogue" sert d'alibi à de nouvelles croisades états-uniennes; Ö
Telle est la réalité de capitalisme, à l'origine de toute guerre à l'époque moderne, hier et plus encore demain comme le démontent l'exacerbation des discours sécuritaires et patriotiques depuis les attaques du 11 septembre contre le world trade center.
Quelques faits lus dans la presse bourgeoise de ces derniers jours suffiront à s'en convaincre :
Une loi européenne institue le mandat d'arrêt communautaire qui permettra l'extradition automatique de toute personne condamnée à un an de prison ou plus;
Le renforcement des politiques de fermeture des frontières (ex : Tarifa en Espagne, où les passages de sans-papiers sont bloqués à la fois par les mesures restrictives prises au Maroc depuis septembre et par la loi immigrée adoptée par l'Etat espagnol ) et des mesures de contrôle des étrangers (Vigipirate renforcé en France), bref une nouvelle légitimation de l'idéologie sécuritaire comme technique de domination de classe;
Durcissement de la répression contre toutes formes de contestation ; ex: les déclarations de Berlusconi opérant un parallèle entre les terroristes attaquant Manhattan et les casseurs de Gênes.
Les prolétaires, seules victimes de la
récession mondiale
Aux dires des économistes de la classe dominante, l'économie serait entrée, depuis le 11 septembre, dans une phase de récession, de crise généralisée (mais il serait plus exact d'affirmer, contre ces doctrinaires, que ce que l'on appelle "crise" est depuis le tout début du XXe siècle le mode normal de fonctionnement de l'économie capitaliste).
Pour la classe dominante, les événements du 11 septembre servent d'alibi idéologique pour accélérer le processus de restructuration du capitalisme.
Avec la menace de faillite qui pèse sur les compagnies d'aviation civile (menaces, du reste, antérieures aux attentats de New York), les compagnies d'assurance et tous les secteurs d'activité qui leur sont liés directement ou indirectement, les gouvernements occidentaux en profitent pour renflouer le capital en crise par un certain nombre de mesures, à commencer par des aides publiques exceptionnelles, financées par l'impôt, c'est-à-dire par l'exploitation de la force de travail des prolétaires.
Dans le même temps, ces mêmes prolétaires, en Europe et aux Etats-Unis, sont licenciés par centaines de milliers (100 000 licenciements prévus par les compagnies d'aviation et les constructeurs aéronautiques américains et canadiens, 1100 par la compagnie scandinave SAS, 4800 par Lufthansa, etc. etc. ) par suite des plans de restructuration que mettent en place les capitalistes pour préserver leurs marges de profit, rassurer le moral de leurs actionnaires et, au final, continuer à faire fonctionner le processus d'accumulation, la machine du capital. Le Conférence Board, une organisation patronale américaine, annonce ainsi que " l'économie affrontera des temps difficiles (Ö) et le nombre de licenciements continuera à augmenter".
En Afghanistan et dans les pays alentour d'Asie centrale, les prolétaires doivent aussi fuir les exactions du gouvernement taliban ou de chefs de clans locaux, au moins lorsqu'ils parviennent à réunir l'argent nécessaire pour partir ( correspondant à plusieurs mois ou plusieurs années de salaire)Ö
Sous couvert de lutte contre le terrorisme international, c'est donc bien la guerre de la classe dominante contre ses pauvres, ses exploités sur la planète toute entière qui s'intensifie et prend de nouvelles formes.
Tel est le capitalisme, qui toujours reporte sur le prolétariat du monde entier les crises qu'il provoque en vertu de son besoin permanent d'expansion pour la conquête de nouveaux marchés et la stabilisation d'un ordre mondial garantissant la sécurité des investissements et des transactions internationales.
Pour en finir avec l'état de guerre permanente, il faut en finir avec le capitalisme.
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