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Les émeutes en Grèce [décembre 2008]




Récits des journées d'émeutes à Thessalonique, 6 décembre au 11 décembre 2008.

Une première mise à jour sur le récent soulèvement à Thessalonique, Grèce. Cette brève présentation ne peut pas répondre au besoin d’une considération en profondeur des soulèvements récents en Grèce. C’est juste une première tentative pour informer les camarades et les prolétaires plus largement, à propose des évènements en cours, du point de vue des participants. Ceci est une mise à jour des évènements tels que nous les avons vécus (ou la plupart d’entre eux), à Thessalonique.

Samedi 6 décembre
Immédiatement après que le jeune Alexis-Andreas Grigoropoulos, âgé de 15 ans, ait été assassiné par un agent spécial de la police à Athènes, 200-300 personnes, principalement des anarchistes et des étudiants gauchistes, se réunirent à l’Ecole Polytechnique de l’Université Aristote de Thessalonique (AUTH), qui se trouve près du centre commercial et culturel de la ville. Une manifestation spontanée se dirigea vers le commissariat de la place Aristote (la place la plus touristique de la ville), où eurent lieu des combats avec la police. Au même moment, il y avait des gens qui combattaient la police anti-émeute avec des pierres et des cocktails Molotov autour de la place Syntrivani, près de l’AUTH. Les affrontements avec les flics durèrent toute la nuit.

Dimanche 7 décembre
Une manifestation est partie de la place Kamara (située dans le quartier étudiant près de l’AUTH) à midi. 1 500 à 2 000 personnes (lycéens et étudiants, anarchistes et gauchistes) défilèrent dans les rues commerciales du centre-ville (Egnatia, Agias Sofia, Tsimiski), détruisant quelques banques et vitrines, jusqu’au commissariat de la place Aristote. Là, beaucoup de manifestants attaquèrent la police avec des pierres et quelques cocktails Molotov. Un flic prit feu. La police répliqua avec des lacrymos. La manifestation se prolongea jusqu’à la rue Ermou et ensuite à travers Venizelou vers le ministère de Madédoine et de Thrace. Beaucoup de magasins, et l’Hôtel de Ville, furent détruits rue Venizelou. Après avoir atteint le ministère, la manif se dirigea vers le commissariat Ano Poli par la rue Agiou Dimitriou, où la police anti-émeute fut à nouveau attaquée. En se dirigeant vers la place Kamara, des jeunes pillèrent un supermarché. Pendant que la manif se terminait, quelques lycéens tentèrent de piller une librairie et de nouveaux affrontements avec la police commencèrent. Plus tard dans la soirée, l’Ecole supérieure d’Art dramatique et les bureaux du Barreau de Thessalonique furent occupés, le premier par des étudiants et des anarchistes et le second principalement par des étudiants gauchistes. Ces deux endroits, situés dans le centre-ville, seraient utilisés comme point de ralliement pour les participants des manifs. Durant la nuit, il y eut des affrontements avec la police devant l’AUTH. Un émeutier fut blessé par une balle en caoutchouc de la police. La même nuit, le commissariat du quartier est de Toumpa, l’Hôtel de Ville du quartier d’Agios Pavlos et les bureaux du parti Nouvelle Démocratie (le parti du gouvernement en Grèce) furent attaqués dans le quartier des 40 Ekklisies.

Lundi 8 décembre
A 10h, 400 lycéens manifestèrent dans le quartier de Toumpa et attaquèrent une fois encore le commissariat. Il y eut aussi des blocages de routes dans d’autres quartiers de la ville. Pendant ce temps, 1 500 lycéens érigèrent des barricades et affrontèrent la police anti-émeute dans les rues Slovou et Ethnikis Amynis et place Navarinou, le quartier étudiant du centre-ville. Des magasins des rues Tsimiski et Vinizelou furent aussi attaqués. Neuf facultés étaient occupées par des étudiants. Le même matin, le commissariat du quartier ouest de Sykies fut aussi attaqué. Il y avait un appel à manifester à 18h30, place Kamara. 6 000 personnes défilèrent dans le centre-ville. Il y avait des lycéens et des étudiants, quelques jeunes immigrants, des délinquants, quelques ouvriers, des anarchistes et des gauchistes. Un grand nombre de banques et de magasins (téléphones portables, électronique, fringues, fast-food et bijouteries) furent détruits, principalement rue Tsimiski, la rue la plus commerçante de la ville, et rue Venizelou. Certains furent aussi pillés. Il y eut des affrontements avec les flics en face du ministère de Macédoine et Thrace. Les flics nous étouffèrent avec des lacrymos. Les combats avec les flics continuèrent autour de l’AUTH pendant la nuit.

Mardi 9 décembre
C’était le jour des obsèques d’Alexis à Palaio Faliro, à Athènes. Les enseignants du primaire et du secondaire étaient en grève et il y eut un débrayage l’après-midi de tous les travailleurs du secteur public. Une manifestation partait de la place Kamara à midi. 4 000 personnes défilèrent vers le ministère de Macédoine et de Thrace, où il y eut quelques heurts avec la police. Pendant la nuit, il y eut quelques combats entre les jeunes et la police anti-émeute dans le secteur de l’université. Nous devons signaler que plusieurs secteurs de l’université furent pillés par des lycéens venant de différentes banlieues durant ces jours-ci. La même nuit, les fascistes apparurent près de l’université. La même chose est survenue dans de nombreuses villes de la Grèce, spécialement à Patras, ce qui est la preuve que cela avait été organisé par le gouvernement. Dans certains cas, comme à Larisa, les fascistes attaquèrent les émeutiers de concert avec des flics en civil et des « propriétaires de magasins en colère ».

Mercredi 10 décembre
C’était un jour de grève générale, décrétée longtemps auparavant par la Confédération Générale du Travail de Grèce (GSEE) et la Confédération des travailleurs du service public (ADEDY) contre le budget 2009. Du fait des émeutes en cours, les leaders syndicaux annoncèrent le mardi qu’ils annuleraient les manifestations prévues. A Thessalonique, les branches locales de la GSEE et l’ADEDY tentèrent de confiner les grévistes dans un rassemblement pacifique en face de la Bourse du travail. Les lycéens et les étudiants se montrèrent alors déterminés à emmener les grévistes en manif et ils y réussirent. 4 000 étudiants et travailleurs défilèrent vers le ministère de Macédoine et Thrace. Là, quelques lycéens attaquèrent les flics qui répliquèrent avec des lacrymos. Les combats continuèrent une demi-heure dans une zone de 500 mètres entre le ministère et la Bourse du travail. Quelques jeunes combattirent la police, mais de nombreux travailleurs et étudiants les soutenaient en restant sur place et en insultant les flics. Finalement, les flics furent contraints de battre en retraite. Après ça, 500 personnes bloquèrent la rue Egnatia, une avenue principale du centre-ville, pour plus d’une heure. Dans la soirée, des lycéens affrontèrent la police anti-émeute pendant un moment, sur la rue Ethnikis Amynis. Le même soir, l’occupation des bureaux du Barreau de Thessalonique prit fin.

Jeudi 11 décembre.
Tôt dans l’après midi, 80 anarchistes attaquèrent les bureaux du journal local « Makedonia », rue Monastiriou. L’occupation de l’Ecole d’Art dramatique appela à une manifestation à 17H place Camara. 2 000 personnes, principalement des étudiants et des anarchistes, et quelques lycées défilèrent pacifiquement vers les quartiers est de la ville, désertiques. Il n’y eut pas d’affrontement ce jour-là, pour autant que nous le sachions.



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